Point de vue

Résumé syndical de l'actualité (via SETCa Fédéral)

Ces trois derniers mois ont été particulièrement difficiles pour tout un chacun. Le Coronavirus a profondément bouleversé nos vies, tant sur le plan privé que professionnel. Tous les travailleurs, quels qu’ils soient, ont dû y faire face et s’adapter.

Le 24 juin dernier, s’est tenu un Comité fédéral du SETCa. À l’ordre du jour : la situation de politique syndicale après les élections du 26 mai et le 19e congrès statutaire du SETCa en novembre.
Un accord interprofessionnel ayant du contenu. Voilà quel était l’enjeu de la grève du 13 février. Une grève que l’on peut qualifier de plus que réussie. Nous félicitons tous nos militants et membres pour leur mobilisation.

Une nouvelle année chargée

2019 fait ses premiers pas… Et nous savons qu’il s’agira d’une année particulièrement intense tant sur le plan politique et social que sur le plan syndical. Les discussions au sein du groupe des 10 en vue de conclure un accord interprofessionnel sont pour l’instant bloquées par les employeurs. Ces derniers ne veulent pas que l’on puisse négocier plus de 0,8% d’augmentation salariale brute pour les années 2019-2020. Ils demandent encore nettement plus de flexibilité et ne font pas la moindre concession au niveau de la fin de carrière. Le Gouvernement a lui aussi sa part de responsabilité, avec une loi ne tenant pas compte de la réalité : productivité élevée des travailleurs belges, subsides salariaux pour les entreprises, réduction des cotisations sociales sur les salaires, etc. Ceci, alors que les bénéfices des entreprises et les dividendes versés aux actionnaires battent tous les records. Le front commun syndical appelle donc à la grève le 13 février.

Nous restons favorables à un accord interprofessionnel synonyme de plus-value pour tous les travailleurs et allocataires du pays. Avec des augmentations salariales réelles et suffisantes et un relèvement du salaire minimum, pour que les bas salaires bénéficient également d’un pouvoir d’achat supplémentaire. Aux employeurs de démontrer qu’eux aussi y accorde nt de la valeur et qu’ils ne laissent pas tomber les travailleurs et les allocataires. Il appartient aussi au Gouvernement de ne pas prendre son semblant de loi salariale au pied de la lettre, sans quoi il vaudrait mieux la supprimer. En tout état de cause, il conviendra tôt ou tard de négocier de nouvelles conventions collectives de travail pour les années 2019-2020 dans les secteurs. À ce jour, nous ne savons toutefois pas encore quand cette négociation aura lieu, ni sur quelle base.

Autre date déterminante cette année : le 26 mai et les élections fédérales, régionales et européennes. Après avoir subi les attaques incessantes de ce gouvernement de droite ces 4 dernières années, nous avons enfin la possibilité de renverser la tendance. Nous espérons un changement de cap. Place à une autre politique : plus progressiste, plus sociale et plus juste ! Enfin, le mois de novembre sera également un mois particulier pour le SETCa qui tiendra à cette période son 19e congrès statutaire. Un moment important de l’histoire de notre organisation syndicale qui fête cette année ses 126 ans d’existence.

 

SETCA_2018%2014.png

Le vendredi 14 décembre, des actions auront lieu en front commun syndical dans différents secteurs contre les plans de fin de carrière (pensions, RCC-ancienne prépension, emplois d’atterrissage) du Gouvernement et l’attitude des employeurs dans ces dossiers.

La concertation à propos d’un nouvel accord interprofes-sionnel approche elle aussi, il est évident qu’il faut faire pression sur les employeurs pour les amener à des négociations sérieuses. Le vendredi 14 décembre sera donc une journée d’action nationale contre la politique de fin de carrière du Gouvernement et pour un AIP à part entière, avec la possibilité d’augmenter les salaires bruts dans les secteurs. Les travailleurs descendront dans la rue pour faire comprendre clairement qu’ils méritent mieux que ce que le Gouvernement leur réserve.

Les titres des journaux ont à nouveau fait fort ces derniers jours. Bien sûr, nous respectons le travail des journalistes, mais il est parfois si facile de sortir des titres de son chapeau, uniquement pour attirer l’attention du lecteur et distiller ici ou là un scoop de la bouche de l’un ou l’autre. Toutefois, la réalité est souvent différente de la présentation que les journalistes en font. Et nous parlons ici de la réalité à laquelle l’homme de la rue est confronté chaque jour pour pouvoir mener une vie décente.

Les militants et représentants du SETCa étaient présents en nombre au Congrès Fédéral de la FGTB, qui s’est tenu du 30 mai au 1er juin dernier au Heysel. L’occasion, pour les 1200 participants, de faire le point sur les 4 années qui viennent de s’écouler sur le plan syndical, d’analyser le contexte politique et social dans lequel nous nous trouvons actuellement, de confronter les idées,  de tracer les lignes de force du futur mais aussi d’attirer l’attention sur toute une série de défis et de menaces imminentes.

En 2014, une loi destinée à prohiber le sexisme dans l’espace public a été instaurée. Elle vise à lutter contre tout propos ou comportement humiliant envers une personne en raison de son sexe. Si cette loi existe sur papier, elle n’avait jusqu’à présent fait l’objet d’aucune poursuite. C’est désormais chose faite puisqu’elle vient de donner lieu à une première condamnation.

1.233 emplois à la trappe. 1 travailleur sur 10. 3ème restructuration en un peu plus de 10 ans. Ces chiffres nous restent en travers de la gorge. La sinistre annonce de Carrefour Belgium provoque une nouvelle onde de choc dans le secteur du commerce et sur le marché de l’emploi en général. Elle met à nouveau en lumière les défaillances d’un système où des entreprises bénéficiaires peuvent se permettre sans le moindre scrupule d’engraisser leurs actionnaires d’un côté et de dégraisser leur personnel de l’autre et où les conditions de travail ne cessent de se précariser. A ce petit jeu, tant les employeurs que la sphère politique semblent avoir leur part de responsabilité. 

L’année 2018 a démarré. Ensemble, faisons en sorte qu’elle soit la meilleure possible. Une année privilégiant la création d’emplois durables à des emplois à temps partiel ou temporaires, des flexi-jobs ou des emplois occasionnels. Une année où la sécurité sociale est préservée. Une année qui assure aux (futurs) pensionnés une qualité de vie pour leurs vieux jours.

Ensemble Changement

La FGTB appelle les citoyens à faire entendre leur voix.

Les notions d’économie « participative » ou encore « de plateforme » sont actuellement sur toutes les langues. Le ministre De Croo en fait son cheval de bataille. Et ne laisse pas passer la moindre occasion d’associer cela à son désir maladif de flexibiliser le marché du travail. Et comme d’habitude, le ministre Peeters se démène comme un petit diable dans un bénitier pour apporter quelques ajustements. Il ne parvient toutefois guère plus qu’à éviter de justesse la mort par noyade. Comme dans tant d’autres dossiers de ce gouvernement (la taxe sur les dossiers-titres est le dernier en date), le CD&V est et reste le jouet des partenaires de la coalition.

Cette année, le SETCa fête ses 125 ans d’existence. Sur le plan historique, il y a tout juste cinq quarts de siècle que se constituait le premier embryon de section régionale à Bruxelles. Depuis tout ce temps, de nombreuses conquêtes sociales ont vu le jour.

Le 26 juillet, le gouvernement fédéral trouvait un accord sur le budget et un certain nombre de sujets socio-économiques, « l’accord d’été ». Celui-ci contient – ce n’est pas vraiment une surprise – un certain nombre de mesures qui seront supportées par le travailleur. Il leur impose encore plus de flexibilité, de concurrence déloyale, et continue de vider la sécurité sociale de sa substance. Plusieurs mesures importantes démontrent également le peu de considération de ce gouvernement à l’égard de la concertation sociale (et de ses principes). Bref, un accord qui joue la part belle aux revendications patronales et qui cible à nouveau les travailleurs.

Depuis que ce gouvernement est au pouvoir, ses membres affirment les uns après les autres que notre pays n’est pas performant en matière d’e-commerce. Des déclarations qui recèlent beaucoup de non-sens et qui mettent tous les éléments dans le même sac. Le SETCa voit d’un bon œil l’emploi dans l’e-commerce. Mais quel est le problème pour ce gouvernement ? Et… y en a-t-il un en fait ?                   

Trop de flexibilité est nuisible à la santé mentale et physique des travailleurs!

Le reportage en caméra cachée du programme d’actualité Pano de la VRT sur l’abus de recours aux contrats de travail intérimaire à la journée chez DHL-Aviation a suscité pas mal d’indignation. À juste titre ! Comme c’était à prévoir, la majorité des responsables politiques ont piteusement réagi. Le ministre de l’Emploi n’a naturellement rien pu faire d’autre que d’annoncer l’ouverture d’une enquête pour permettre à l’inspection de mener à l’avenir une  « politique de dépistage ». En somme, une réaction bien molle.

Dans notre édito précédent, nous écrivions que les négociations sectorielles étaient véritablement lancées. Entre-temps, les premiers accords ont déjà été conclus, pour les employés aussi. C’est la preuve que la concertation sociale fonctionne, aussi et certainement sans l’ingérence du politique, ce qui n’est pas toujours le cas au niveau interprofessionnel. En effet, force a été de constater à plusieurs reprises que les accords conclus entre syndicats et employeurs n’ont pas toujours été pleinement exécutés par le Gouvernement.


Au moment où nous écrivons ces lignes, il semble que le contrôle budgétaire aurait accouché d’une souris. En effet, il n’y a, à première vue, pas de coupes sombres dans la sécurité sociale. Le Gouvernement nous réserve tout de même probablement une surprise : il aurait été convenu de sanctionner employeurs et travailleurs dans le cadre de l’activation des travailleurs malades.

Le dumping social n’existe pas que dans le secteur du transport ou de la construction. Le secteur des services, lui aussi, y est de plus en plus confronté. Ainsi, l’emploi de travailleurs indiens dans le secteur des TIC (technologies de l'information et de la communication) connaît un succès grandissant. C’est la conséquence d’un accord bilatéral laxiste entre la Belgique et l’Inde et de l’octroi complaisant de permis de travail à des travailleurs hautement qualifiés.

« Les femmes qui avortent devraient être punies », c’est Donald Trump qui le dit. Non, nous n’avons pas embarqué dans la DeLorean de Marty McFly pour faire un bond temporel dans le passé. Nous sommes bel et bien en 2017. Pourtant un peu partout, on assiste à une montée fulgurante de ce type de discours populistes et extrêmement conservateurs, semblant venus tout droit d’une autre époque. Nous devons aujourd’hui faire face à un retour en arrière idéologique et une remise en question de certains acquis fondamentaux. En ligne de mire : les femmes, leurs droits et leurs libertés.