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Un été pour se ressourcer et préparer nos futures luttes !

22/06/2026 | FR / NL

Dans une quinzaine de jours, chacun profitera de la déconnexion des vacances pour pouvoir se reposer. C’est un peu ce que le gouvernement attend : que nous ayons les yeux tournés vers les vacances pour oublier les horreurs qu’il a déjà produites et celles qu’il veut encore produire à l’occasion de cet été. 

Entre pensions et centenindex, une nouvelle loi-programme remplie de régression sociale 

Il y a quelques semaines, la loi programme a été votée. Cette loi programme réforme de manière importante notre système de pension. Réforme pour les pensionnés actuels mais aussi pour les futurs pensionnés. Au passage, le gouvernement n’hésite pas, dans les faits, à modifier, les règles d’assimilations pour des périodes déjà passées. Comment qualifie-t-on un joueur qui modifie les règles en cours de jeu ?   Poser la question, c’est y répondre, c’est une arnaque ! Au passage, les femmes sont clairement dans le viseur du gouvernement. Que pensez d’un ministre qui dit « les femmes n’ont qu’à s’adapter » ? Sexiste, ou simplement qu’il ne connait pas la vie des femmes et la réalité du marché du travail, un peu des deux ? 

La loi programme prévoit également toute une série de dispositions qui viendront rendre les travailleurs plus flexibles et plus pauvres : on parle en vrac de régimes d’heures supplémentaires rendus plus simples, moins chers pour vos employeurs, de limitation des préavis pour les nouveaux contrats, de travail de nuit élargi et moins bien rémunéré, de travail à temps partiel dérégulé (plus de règle du tiers temps minimum, on pourra vous engager pour 1/10 ème temps). Et puis, il y a le vote du centenindex. Ce système aussi bien décrié côté patronal que syndical. Nous avons déjà eu l’occasion de dire tout le mal que nous pensions de ce système, une usine à gaz, impossible à gérer au quotidien, mais aussi une remise en cause de l’indexation des salaires, matière pourtant par essence de concertation sociale. Au passage, c’est la démonstration que le gouvernement n’a rien à faire de la concertation sociale puisqu’un accord alternatif existait au sein du groupe des 10 tout en étant neutre budgétairement.  

Un été de tous les dangers : une chasse au trésor pour trouver 7 milliards de plus

On nous parle de trouver cet été 7 milliards : 7 milliards dans le cadre de l’orthodoxie budgétaire européenne. Les conséquences de cette orthodoxie, il ne l’impose pas à tout le monde, il l’impose à la classe travailleuse avec ou sans emploi, malade ou en bonne santé, jeune et vieux. Il ne l’impose ni aux entreprises ni aux actionnaires. De manière absolument dogmatique, ce gouvernement, casse méthodiquement, tout ce qui a fait notre démocratie sociale depuis la première guerre : c’est le financement de la sécurité sociale qui est remis en cause, c’est le financement des services publics qui est remis en cause, ce sont nos droits les plus essentiels comme le droit de manifester, le droit de faire grève ou encore le droit à la concertation qui sont sans cesse mis sous pression. 

La plus fondamentale expression, en ce compris par les plus jeunes de la population, est durement réprimée. Le climat sécuritaire est à tous les coins de rue. 

Où ira-t-on chercher les 7 milliards ? Encore des coupes sombres dans les dépenses publiques ? Une augmentation de la TVA ? De nouvelles sources d’impôts ? Une chose est certaine, il y a fort à parier qu’à nouveau, les épaules les plus larges seront épargnées. Quand parle-on de créations d’emplois qui ramènerait de l’argent en termes de cotisations ONSS ou de fiscalité ? Quand va-t-on conditionner les aides à l’emploi, en d’autres mots, quand stoppe-t-on les milliards d’euros de cadeaux aux entreprises sans qu’elles soient obligées de créer de l’emploi ou de jouer le jeu de la transition climatique ? 

Autant vous dire que vous ne verrez jamais les 500€ supplémentaires/mois, promis lors de la campagne électorale. Le cumul de toutes les mesures prises par le gouvernement, le plus de flexibilité, ou encore la situation internationale et les logiques guerrières développées par le gouvernement vont continuer de vous appauvrir !

A quoi doit-on encore s’attendre ? 

Deux réformes particulièrement antisociales doivent encore voir le jour : l’élargissement des flexi-jobs dans tous les secteurs et l’annualisation du temps de travail élargi sur base d’accords individuels et sans concertation collective donc. 

Pourquoi prenons-nous du temps pour revenir sur ces deux mesures ? Ces mesures sont emblématiques de ce que le gouvernement veut faire :  le gouvernement nous dit vouloir remettre tout le monde au travail, éliminer les soi-disant « profiteurs » comme les malades ou encore les demandeurs d’emploi. Par contre, il ne met pas en place des mesures pour créer de l’emploi. Mais ce gouvernement fera travailler plus les travailleurs qui ont déjà un emploi.

Travailler plus pour gagner plus, c’est comme cela que vous aurez les 500 euros de plus. 

Le gouvernement espère ainsi faire taire vos revendications salariales et de bien-être. 

D’équilibre vie privée et vie privée, il n’en n’est plus question. Comment voulez-vous qu’un travailleur à temps partiel avec l’élargissement des flexi-jobs puisse encore obtenir des heures complémentaires ? Comment voulez-vous qu’un temps partiel, puisse encore essayer de jongler avec deux jobs quand son travail sera annualisé, quelle sera sa possibilité réelle de dire non à une flexibilité accrue (annualisation) quand le travailleur sera seul face à son employeur, sans la force du collectif. Le plus souvent, ces travailleurs seront des travailleuses. Elles resteront dans une situation toujours plus précaire pendant leur travail et quand ils arriveront au chômage, elles seront exclues extrêmement rapidement.  Elles seront en concurrence avec les étudiants, les flexijobers ou encore les temps pleins qui feront des heures supplémentaires volontaires. 

Un déséquilibre organisé

C’est cela que le gouvernement nous réserve via ces deux mesures. Toujours plus de flexibilité, toujours plus de dérégulation, sans que jamais on ne parle des vrais problèmes des gens : le bien-être et la conciliation vie professionnelle et vie privée. 

Comment trouver des accueils pour ses enfants quand on ne sait pas les horaires qu’on va faire jusqu’à la dernière minute. Comment trouver des accueils pour vos enfants qui s’adapteront à vos prestations hyper flexibles ?  Comment reprendre les bouffées d’oxygène nécessaires pour durer 45 ans et jusque 67 ans ?  

Un été indien, chaud socialement ? 

À l’automne, Il faudra négocier un AIP, il faudra parler augmentation des salaires, enfin retrouver une norme indicative, consolider l’indexation des salaires, discuter de l’harmonisation des CP, il faudra parler des fins de carrières (RCC, métiers pénibles, CCT 104…), de la réduction collective du temps de travail en lien avec l’IA, discuter de l’encadrement de la précarité et du bien-être…bref, défendre notre core business, celui de la concertation sociale. Le gouvernement ne peut pas continuer à faire un hold-up sur nos sujets de concertation. Les employeurs devront aussi jouer le jeu correctement, pas de concertation de façade : de vraies solutions. Des compromis sans compromission !

Négocier quand c’est possible, se battre quand c’est nécessaire 

Profitez des mois d’été pour reprendre une grosse bouffée d’oxygène. Le combat continuera en septembre non pas parce que ça nous plaît d’être dans les rues ou devant les portes des entreprises, mais parce que ce gouvernement de manière extrêmement méthodique, fait mal à notre démocratie sociale, détruit de manière systématique tous nos acquis, met à mal toutes nos logiques collectives qui rendent les travailleurs plus forts, face à un patron toujours plus arrogant. Dès la rentrée, nous reprendrons les actions et il s’agira d’y répondre favorablement. Jusqu’ici nous n’avons pas plié, et nous ne plierons pas. C’est grâce à nos luttes qui ne faiblissent pas que l’on va y arriver.

Nous devons être aussi radicaux, aussi dogmatiques que le gouvernement pour préserver notre système de sécurité sociale, nos services publics, notre indexation, notre modèle de concertation !

Nos mécanismes de protection collectifs via la concertation sont les points essentiels de notre société, les détruire, c’est détruire, notre démocratie sociale et notre démocratie tout court.