GSK : 481 millions d’euros d’argent public pour une multinationale, mais pas de prépension pour les travailleurs licenciés ?

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GSK : 481 millions d’euros d’argent public pour une multinationale, mais pas de prépension pour les travailleurs licenciés ?

Pour le SETCa, il est inacceptable que le ministre David Clarinval affirme fièrement que l’État n’a pas à payer les prépensions à la place de GSK, alors que des centaines de millions d’euros d’aides publiques sont accordés à l’entreprise sans garanties suffisantes en matière de maintien de l’emploi. Quand il s’agit de soutenir une multinationale, les moyens sont là. Quand il s’agit d’accompagner dignement les travailleurs qu’elle licencie, ils semblent soudain manquer.

À entendre le ministre David Clarinval, l’État ne pourrait pas « payer les prépensions (RCC) à la place de GSK ». L’affirmation est facile. Elle tient en une phrase et fait un bon titre. Mais derrière cette déclaration, la réalité est tout autre : le ministre préfère mobiliser les moyens de l’État pour soutenir GSK, sans conditionner suffisamment cette aide au maintien de l’emploi.

Aujourd’hui, GSK annonce la suppression de 1 217 emplois. Derrière ce chiffre, ce sont 1 217 familles qui vivent dans l’incertitude. Ce sont des femmes et des hommes qui, parfois depuis 30 ans, contribuent au succès de GSK, créent de la richesse, développent des médicaments ou des vaccins et participent à la réputation et aux performances du groupe.

481 millions d’euros pour GSK, mais pas de solution pour les travailleurs ?

Le contraste est saisissant.

D’un côté, l’État accorde près d’un demi-milliard d’euros d’aides publiques à une multinationale, sans garanties suffisantes en matière de maintien durable de l’emploi. Malgré ce soutien public, l’entreprise annonce des restructurations massives.

De l’autre, le gouvernement refuse de réintroduire le régime de chômage avec complément d’entreprise (RCC), au motif que l’État n’aurait pas à payer à la place de GSK.

Pourtant, lors de sa rencontre avec les représentants syndicaux à la suite de l’annonce de GSK le 14 octobre dernier, le Premier ministre a été interpellé par le SETCa sur la nécessité de revenir sur la mesure du RCC. Ce dispositif permettrait aux négociateurs du plan social de travailler sur la pyramide des âges et d’envisager des solutions plus humaines pour les travailleurs concernés.

Le RCC : une question de justice sociale, pas un cadeau à GSK

Contrairement à ce que laisse entendre M. Clarinval, le RCC ne serait ni un cadeau fait à GSK ni un dispositif entièrement financé par l’État.

Le RCC repose sur deux piliers :

  • Une allocation de chômage, financée par la sécurité sociale.
  • Un complément d’entreprise, payé par l’employeur.

Présenter le RCC comme une facture exclusivement supportée par l’État est donc trompeur. L’employeur contribue financièrement au dispositif et assume ainsi une partie de sa responsabilité sociale envers les travailleurs qu’il décide de licencier.

Mais surtout, il faut arrêter de faire croire que supprimer le RCC permettrait à l’État de ne rien payer. C’est faux.

Si les 1 217 travailleurs concernés sont licenciés sans possibilité de bénéficier du RCC, ils se retrouveront, quoi qu’il arrive, dans le système du chômage. Les allocations devront être financées. La collectivité interviendra malgré tout.

La véritable question n’est donc pas de savoir si l’État paie. Elle est de savoir si nous voulons accompagner dignement les travailleurs en fin de carrière ou les laisser sans autre perspective que le chômage pendant deux ans, avant de les voir également exclus de ce droit.

Les travailleurs ne sont pas une variable d’ajustement

Pour le SETCa, la réponse est claire : le RCC n’est pas seulement une question de revenus. C’est un outil de justice sociale.

C’est un outil qui permet :

  • de gérer humainement la pyramide des âges lors d’une restructuration ;
  • d’éviter une partie des licenciements secs ;
  • d’offrir des solutions concrètes à des travailleurs qui ont déjà largement contribué à la richesse collective.

En réalité, ce débat révèle un choix politique.

D’un côté, on accepte que l’argent public coule à flots vers les multinationales, souvent sans garanties suffisantes quant à la préservation durable de l’emploi.

De l’autre, on refuse de mobiliser des mécanismes de solidarité lorsqu’il s’agit de protéger les travailleurs qui font les frais de ces mêmes restructurations.

Nous refusons que les travailleurs de GSK soient considérés comme une variable d’ajustement après avoir consacré leur vie professionnelle à l’entreprise.

Nous refusons que le RCC soit présenté comme une dépense irresponsable alors que personne ne semble s’interroger avec la même vigueur sur les centaines de millions d’euros d’aides publiques versées sans contreparties suffisantes.

Les travailleurs demandent que l’on mette autant d’énergie à protéger les emplois et les fins de carrière qu’à soutenir les grandes entreprises.

L’argent public doit aussi servir à protéger les travailleurs !

Si l’État est capable de trouver 481 millions d’euros pour GSK, il doit être capable de permettre aux travailleurs âgés de partir dignement par le biais du RCC.

Parce qu’au bout du compte, la question est simple : à qui doit servir l’argent public ? Aux multinationales qui restructurent ou aux travailleurs qui en subissent les conséquences ?

Pour le SETCa, il est temps que le gouvernement assume ses responsabilités et mette la solidarité au service de celles et ceux qui ont contribué, pendant des décennies, à la richesse de notre société.

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